dimanche 11 février 2018

L'homme idéal existe. Il est québecois - Diane Ducret

Je me suis rendue compte d'un détail : le manque de chroniques dans ce blog n'est pas uniquement dû à un manque de lecture. Cela vient aussi de mon incapacité à chroniquer des livres que je n'ai pas appréciés. La preuve avec un coup d'œil au menu « En bref » sur la gauche : les notes vont de « coup de cœur » à « sympathique » (pour le moment, comme tu t'en doutes un peu...).
La raison est simple : un livre que je n'ai pas apprécié, je le mets de côté et je me jette sur autre chose pour l'oublier.

Du coup, pour cette reprise, je vais faire l'effort de parler d'ouvrages que je n'ai pas aimés (voire que j'ai détestés).
Et on commence avec « L'homme idéal existe. Il est québécois » de Diane Ducret.



Quatrième de couverture
 
« Bonne nouvelle : l'homme idéal existe !
Il ne parle pas : il jase.
Il n'embrasse pas : il frenche.
Il ne se déshabille pas : il se criss à poèlle.
Vous l'aurez deviné : il est québécois. »


Que dire ? 
La première et quatrième de couverture m'ont poussée à m'intéresser à ce livre, trouvé par hasard dans un grand magasin, sur un petit présentoir en tête de gondole. Le ton était donné : ce livre se voulait humoristique et l'idée me plaisait bien. Je ne suis pas particulièrement fan des romances, sauf quand elles se veulent drôles ou quand elles ne sont pas truffées de clichés romantiques dégoulinants de guimauve.

Le personnage principal, une jeune femme (dont on ne connait pas le nom...ou alors je n'ai pas fait attention) va rencontrer un québecois dans une gallerie d'arts sur Paris. C'est le coup de foudre, son prince charmant l'invite à le suivre jusqu'au Québec pour y passer une semaine. Notre chère amie va donc se retrouver plongée en pleine culture québécoise et va devoir s'adapter au mode de vie et de pensées bien différents de ceux de sa capitale chérie.
Donc, niveau humour, on en trouve, le plus souvent basé sur des quiproquos linguistiques allant jusqu'aux dialogues frisant l'absurde ou dans des situations cocasses où notre citadine est confrontée à la vie à la dure dans la neige et le froid. Même si je trouve que ce genre de situations arrive trop souvent et qu'au fur et à mesure, c'est la surenchère, c'est les moments que j'ai préféré et je me suis bien amusée à découvrir différentes expressions ou d'en retrouver certaines que je connaissais déjà.
J'ai également bien aimé le style un peu désinvolte et l'auto-dérision par moments, les métaphores et hyperboles utilisées pour décrire certaines situations. Après quelques recherches, j'ai découvert que c'était typique du genre « chick-lit », ce côté décalé entre les situations sérieuses ou toutes bêtes et la représentation que s'en fait l'héroïne.

Pour le reste, j'ai été plutôt déçue : on suit le récit à la première personne, aux travers des pensées de notre parisienne qui se sent constamment perdue, que ce soit dans ce nouveau pays ou dans les relations amoureuses. Ce personnage m'a d'ailleurs fait un peu penser au « Journal de Bridget Jones » de Helen Fielding (roman fondateur du genre « chick-lit », apparemment), pour son côté maladroit un peu paumée et ses pensées qui partent au quart de tour. Mais là, je trouve que les pensées en question vont très vite, trop vite ; je me suis moi-même sentie perdue dans tout ce flot de réflexions, les phrases courtes se succèdent et j'ai fini avec l'impression que notre chère amie se complique bien trop la vie. Ok, on a tous et toutes des doutes, des petits moments gênants dans une nouvelle relation quand ça touche les aspects les moins glamour de la vie quotidienne (le premier pet, les toilettes, les cheveux gras, l'haleine du matin, etc) mais là, c'est à croire qu'elle ne réfléchit qu'à ça, cherchant la petite bête, le petit défaut chez l'autre (ou chez elle) qui pourrait tout faire capoter entre eux.
D'un autre côté, j'ai trouvé que ce monologue intérieur recouvre tout ; même les moments émotions entre les deux amoureux sont presque noyés, comme passés sous silence, peut-être à raison : une façon de dire que notre personnage, à force de trop penser et d'avoir peur, ne profite pas assez des moments présent ? Sans doute. À méditer, donc.

J'ai trouvé le personnage principal plutôt cliché. Je me doute que c'est pour s'en moquer mais c'est trop, là encore : elle est régulièrement préoccupée par son apparence et l'image qu'elle renvoit, elle catégorise les hommes façon « Adopte un mec.com », elle a des certitudes sur les comportements homme/femme qui m'ont franchement énervée (ex : un homme qui fait un compliment sur du vernis ? Il est gay !). Bref, je ne me suis pas du tout identifiée à ce personnage ; les situations dans lesquelles elle se retrouve n'ont pas du tout fait écho chez moi.
Idem pour les autres protagonistes, que j'ai trouvé superficiels et creux pour la plupart. On ne nous donne que peu de détails sur le caractère ou le passé de chacun, on n'a pas de description physique et certains ne se résument qu'à leur « fonction » dans le roman. Genre : le « meilleur ami gay qui donne des conseils sur les relations amoureuses », sérieusement ?

Et surtout, il y a beaucoup de choses dans le récit que je n'ai pas trouvées crédibles : la rencontre entre nos deux amoureux est un peu tiède, notre parisienne accepte de partir à l'étranger...avec un parfait étranger alors qu'elle doute de tout sur les hommes en général (on s'en rend compte par la suite aux travers de ses questionnements), les quiproquos sur les expressions québécoises ont un côté forcé au bout d'un moment, ça tourne même parfois à la dispute sans que je comprenne pourquoi !

Heureusement, le roman n'est pas très long et le ton est plutôt agréable (j'ai toujours aimé le côté désinvolte) et on arrive vite à une conclusion avec une prise de conscience qui m'a un peu surprise. Je te renvoie à la partie « citations » pour le passage que j'ai préféré, qui résume assez bien ma vision du couple et qui résume bien ce roman (et d'autres du même genre), à savoir, comme dit plus haut, « Madame se complique trop la vie » .
La prise de conscience m'a paru étrange car, après tout, elle a passé son temps à analyser ce que faisait son québécois d'un bout à l'autre du roman et d'un coup, elle est capable de stopper son flot de pensées, de prendre du recul et de nous sortir un passage entier qui pourrait être tiré d'un livre de développement personnel. Ça ne colle pas au personnage, à cette façon de penser à laquelle je me suis habituée. Aussi, je me demande si ce n'est pas plutôt l'autrice qui s'adresse directement à nous dans ce passage, qui nous livre le message qu'elle voulait nous transmettre à travers ce roman. Je trouve donc ce passage un peu forcé, quoi qu'intéressant.
Ce que je trouve dommage, par contre, c'est la fin du roman. Je ne l'ai pas trouvée très claire, je ne suis pas certaine de comprendre comment ça se termine. Cette fin m'a laissé un sentiment d'inachevé.

Bref ! 
 
Mouais bof.
Sans pour autant avoir l'impression d'avoir perdu mon temps, je ne suis pas fan de ce roman. Même s'il s'agit d'un récit humoristique, je trouve qu'il manque de réalisme et que certaines situations sont tirées par les cheveux. Je n'ai accroché ni aux personnages, ni au récit. Je me dis que cela vient peut-être du genre « chick-lit » car j'ai lu d'autres romans du même genre et j'y retrouve plus ou moins les mêmes éléments qui me gênent.
Cependant, l'humour de certains passages et le ton m'ont donné envie de rester et d'aller jusqu'au bout. J'ai donc pu profiter de la fin, certes étrange et inachevée selon moi, mais tout de même intéressante.


Une citation
 
« A trop vouloir créer de la magie et de l’exceptionnel, on perd de vue le quotidien que l’autre peut nous offrir. Les véritables histoires ne naissent pas des meilleurs moments mais des pires. Elles ne se révèlent pas dans les semaines ensoleillées au bord de la mer, mais quand il neige et que le chauffage est en panne. Vivre une vraie histoire d’amour c’est éclater de rire quand tout va de travers et déborde, se rouler dans la neige quand on ne supporte pas le froid, moucher un gamin dans sa manche quand on a peur soi-même d’avoir un gosse, tendre sa main pour rattraper l’autre s’il tombe alors que l’on cherche soi-même son équilibre.

Il n’y a pas de moment parfait où tout se met en place comme par enchantement, il n’y a pas de double qui, séparé de nous à la naissance, épousera parfaitement chacune de nos aspérités. Quel est l’homme parfait pour moi ? Juste celui qui me donne envie de sourire intérieurement même quand il me demande comment faire cuire un œuf. Ne plus avoir d’idéal préçonçu, ne pas demander à l’autre de me dessiner un avenir quand je ne sais pas moi-même ce que je vais y mettre, ni d’effacer mon passé, mais juste laisser un présent s’esquisser. » (Éditions Albin Michel, p.155-156)

samedi 3 février 2018

Tag "Do you speak manga" (Bonne année !)



Comme je suis écolo, recyclons un extrait de mon article publié début 2017 : 

"Bref, tout ça pour dire que ce blog est inactif depuis presque un an (bilan), que c'est le moment pour le reprendre (bonne résolution)" (Tsuki, 2017).

L'année 2018 est là (meilleurs vœux, au passage) et je ne peux m'empêcher de rire quand je me relis.

Plus le temps passe et plus je me rends compte des difficultés que j'ai à rédiger une chronique sur mes lectures. Je lis beaucoup moins qu'aux débuts de ce blog (et je lisais bien d'avantage avant même de commencer à chroniquer !). À cela s'ajoutent le boulot et les autres activités (associatives, pour certaines) qui me prennent du temps.

Mais je ne me voile pas la face. Le vrai problème est que ces derniers temps (comprendre "ces dernières années"), la lecture est passée en arrière-plan. J'ai lu énormément depuis mon entrée au collège (j'ai 28 ans au moment où je rédige ces mots) et je pense que je suis passée par une période de saturation. J'ai eu aussi, et surtout, une impression de ne plus être transportée d'émotions comme je l'étais avant. J'ai rarement eu des coups de cœurs comme lorsque j'étais plus jeune, un manque de nouveauté soufflait sur mon univers littéraire...

"Nan mais elle va arrêter de nous bassiner avec ses expressions à la con ?!
- On se calme, dans le fond, j'ai presque fini."

J'ai évacué ce sentiment de frustration à travers d'autres activités : le go, le dessin, etc. Et la lecture a peu à peu retrouvé une place dans ma vie.

Cependant, je ne promets pas de reprendre ce blog de manière assidue. Ça ferait une résolution ratée de plus ! Je vais juste faire de mon mieux, au feeling, parce que c'est ce qui me réussit le mieux actuellement.
J'en profite pour souligner un fait important : j'ai récemment nettoyé ce blog en supprimant les chroniques qui me faisaient un peu honte (style d'écriture, critique, etc). Donc aujourd'hui, ça fait 50% d'articles sur des livres (fictions et non-fictions confondus) et 50% de BDs (c'est important pour la suite).

BREF !

Passons au sujet de cet article, le tag Do you speak manga (aucune surprise si tu as lu le titre... ouais, je tutoie maintenant ; déformation professionnelle car à mon boulot, tout le monde se tutoie).

J'ai été taggée par une certaine hobbite que tu connais peut-être déjà, Minidou entre les pages. J'ai tenu un blog avec elle il y a quelques années où je pondais une chronique tous les deux mois (tu vas me dire, c'est déjà plus que ce que je fais ici !).

Je vais donc répondre à une série de questions autour de mes lectures manga, en bon "sensei du manga" que je suis (je n'en ai pas encore parlé ici mais je lis des mangas depuis le lycée à peu près et j'ai fait découvrir ce média à Minidou).
La raison de l'absence de critiques sur ces lectures (pour le moment, *clin d'œil,clin d'œil*), c'est la longueur du média : difficile de donner son opinion sur une série de 20 tomes, sans trop spoiler, surtout quand la série est en cours de publication ! Et contrairement aux BDs "classiques", un tome n'est pas indépendant, il est difficile d'en parler sans inclure le reste de la série.

BREF !
(oui oui, t'inquiète, on va y arriver)


Pour commencer, pourrais-tu citer :

– de belles découvertes parmi tes lectures de 2017

Comme Minidou, il y a eu la série Erased de Kei Sanbe, que j'ai découvert d'abord à travers l'anime. Dès les premières minutes, j'ai été happée par l'intrigue (qui ne paye pas de mine au début mais qui se complexifie au fur et à mesure) et l'ambiance général de l'histoire. J'ai lu le début du tome 1, pour me faire une idée et savoir si j'allais le mettre sur ma liste de mangas à lire (et la réponse et oui, évidemment !).

- une déception parmi tes lectures de 2017
Pas de déception particulière, surtout que je n'ai pas commencé beaucoup de nouvelles séries cette année.

- un auteur découvert en 2017 que tu comptes surveiller à l’avenir


Kenji TSURUTA, découvert grâce à un extrait de Souvenirs d'Emanon, sorti il y a peu (fin janvier 2018 si mes souvenirs sons bons ; faut que je me l'achète d'ailleurs !). J'ai vite accroché à son style qui me rappelle un peu celui de Kei Tome (j'ai d'abord cru qu'elle en était la dessinatrice d'ailleurs !).

Pour en venir à tes goûts en matière de manga, pourrais-tu citer :

– une série « doudou »


Fullmetal Alchemist de Hiromu Arakawa, parce que c'est mon tout premier manga (et c'est lui que Minidou a commencé également).


Les enfants loups, Ame et Yuki dessiné par Yu, qui est une adaptation du film d'animation éponyme. J'aime beaucoup la bienveillance qui s'en dégage, surtout dans la relation entre la mère et ses enfants.

Orange de Ichigo Takano m'a énormément touchée lors de ma première lecture alors que j'étais en pleine remise en question et encore aujourd'hui, quand je suis prise de doutes, j'aime me replonger dedans même si certains aspects me dérangent aujourd'hui.



- un personnage que tu affectionnes particulièrement


Dans les séries citées plus haut, beaucoup de personnages m'ont touchée de plusieurs façons mais je crois que celui qui m'a le plus marquée pour le moment est Nika de Switch Girl, une jeune fille tiraillée entre sa réputation de fille populaire et son côté naturel qu'elle souhaite garder à tout prix secret. Après tout, qui aimerait une fille qui aime se balader en jogging, manger des trucs qui puent et qui portent des culottes délavées ?


- un auteur dont tu admires le travail
J'avoue ne pas avoir d'auteurs de prédilection, c'est un peu comme la musique : je suis souvent fan d'une chanson d'un chanteur mais pas du reste de son travail.
Cependant, ça fait quelques années que je souhaite me pencher un peu plus sur le travail des CLAMP (j'ai déjà un peu lu Tsubasa Reservoir Chronicle et XxxHollic mais juste le début) car elles ont un univers tellement complexe que ça m'intrigue aussi bien par les scénarii que par l'ambiance.

– une série dont tu attends chaque sortie avec impatience


The Ancient Magus Bride de Kore Yamazaki. L'univers est ce qui me touche le plus, le bestiaire féérique me laisse entre l'émerveillement et le malaise, malgré un trait plutôt simple (je trouve). C'est surtout au niveaux des ambiances et jeux d'ombre que le plus gros du travail est fait.

– une série qui traîne dans ta PAL ("Pile à Lire" pour les néophytes) depuis trop longtemps
Le plus souvent, quand j'achète une série, je l'ai déjà lue (au moins en partie et je n'attends pas longtemps avant de la finir). 

– une série qui traîne dans ta wishlist depuis trop longtemps
Je pense aux séries de CLAMP surtout, citées plus haut, parce qu'elles sont assez longues et je préfère tout lire d'une traite. Je recherche une personne pouvant me les prêter entièrement pour une période indéterminée ;)

– un genre que tu n’avais pas l’habitude de lire mais qui t’a agréablement surpris(e).
Je cite Minidou pour sa remarque plus que judicieuse : "J'imagine que cela tient au fait que le classement des mangas ne se fait pas tant en termes de "genre littéraire" qu'en termes de "public cible", donc sous chaque classification, on peut trouver un peu de tout".
Mais dans l'ensemble, je n'affectionnais pas le shojo avant et j'ai quelques séries à mon actif aujourd'hui (Orange, Switch Girl, Paradise Kiss d'Ai Yazawa, etc).

– un genre auquel tu ne parviens pas à accrocher, malgré plusieurs tentatives
Le hentai et le ecchi.


– un spin-off (sequel, prequel…) qui vaut le coup d’être lu


Joker !

– un artbook
Joker (bis) !

– une série pour laquelle tu es content(e) d’avoir insisté malgré une première impression plutôt mitigée, voire négative

Doubt de Yoshiki Tonogai. C'est surtout le style qui m'a rebutée mais je suis restée jusqu'au bout à cause de l'intrigue.

– une série dont tu as abandonné la lecture
 Naruto de Masashi Kishimoto.

Voilà, voilà. Sans doute un des articles les plus longs de ce blog :)

Pour la suite, je n'ai personne de particulier à désigner pour la suite de ce tag, pour le moment. Je prends le temps d'y réfléchir et je te tiens au courant !

jeudi 28 septembre 2017

Vidéo - 5 livres sur le développement personnel


Cela fait un moment que je m'essaie à l'exercice de la vidéo pour parler d'activités manuelles (voir ici) mais voici une première pour moi : parler livres ! Cela a demandé un certain temps de montage mais le résultat n'est pas trop mal, pour une première fois ;)

La liste des livres présentées dans la vidéo :

- Méditer en pleine conscience, Michael Sinclair et Josie Seydel (j'en avais déjà parlé dans un précédent post) ;

- Le pouvoir du moment présent (et sa suite Mettre en pratique le pouvoir du moment présent), Eckhart Tolle ;

- Lâchez prise !, collectif d'auteurs ;

- Les 4 accords toltèques, Don Miguel Ruiz ;

- Agir et penser comme un chat, Stéphane Garnier.

mercredi 25 janvier 2017

Sortir de l'auberge, tome 1 : Mener des parties de JdR - Auteurs multiples

Photo tirée de la page Lapin Marteau

Quatrième de couverture (extrait)
« Mener des parties de jeu de rôle est un recueil d'articles de conseils destiné à celles et ceux qui ont déjà l'occasion d'être meneur ou qui se destinent à le devenir. Écrit par dix-huit auteurs reconnus aux profils très variés, cet ouvrage aborde la plupart des aspects de la création et de l'animation de parties, quel que soit le jeu pratiqué. » 

Que dire ?

Comme je l'ai précisé dans l'article précédent, je reste novice dans le domaine du JdR. J'ai joué plusieurs années sur Edenya, un JdR par correspondance qui demandait un gros travail d'écriture et très peu de lancers de dés de la part des joueurs mais qui regroupait tous les éléments d'un JdR classique : fiche de personnage, histoire, compétences, métiers, etc.
Par contre, cela ne fait qu'un an et demi que je joue sur table. Maîtriser des parties est un projet que j'ai en tête depuis un moment mais je tiens à avoir plus d'expérience en tant que joueuse avant de me lancer dans l'activité Ô combien complexe de la maîtrise de parties.
Depuis un an et demi, je glane déjà des informations auprès d'amis MJ avant ou après une table mais je reste généralement sur ma faim de ne pas pouvoir en discuter en détails.

Quand je suis tombée sur ce livre en visitant le rayon JdR de ma boutique de jeux favorite, le titre m'a alors intriguée et je l'ai feuilleté, curieuse de voir ce qu'il pouvait bien offrir comme contenu. J'étais d'avis qu'être MJ demandait surtout de l'imagination et du charisme, deux choses qu'on pouvait difficilement apprendre dans les livres.
J'ai donc parcouru le sommaire et pu constater que cet ouvrage recouvrait presque tout ce qui touchait la préparation et maîtrise de parties : organisation au sens strict du terme (choix du lieu, repas), création de scénarii, incarnation de PNJ, animation de combat... mais aussi des sujets moins récurrents comme l'ajout de musique pour l'ambiance ou le jeu à distance.
Je me suis alors rendue compte que la maîtrise demandait à prendre en compte plus de paramètres que je ne le pensais et j'ai alors acheté ce livre pour en savoir plus.

Le premier point fort du livre est que les articles se succèdent de façon logique tout en proposant une difficulté croissante. Je suis passée d'un article à un autre sans me sentir perdue et j'ai pu lire tout l'ouvrage d'une traite.
L'autre point fort tient en la multitude d'auteurs. Hommes, femmes, auteurs, scénaristes, rôlistes, traducteurs, concepteurs de jeu... Bref, tout un panel d'expériences diverses concentrées en 400 pages. Pourtant, le livre n'a pas la prétention de couvrir tout le sujet et offre quelques liens et supports externes pour approfondir certains aspects. Il se termine par une conclusion ouverte, donnant des conseils sur « Continuer à s'améliorer ».

Concernant la quantité d'informations qui découle de toutes ces expériences partagées, cela peut faire peur au premier abord (400 pages, comme je l'ai dit !) mais on s'y retrouve facilement avec des titres clairs et concis, ce qui facilite la recherche dans le sommaire.
Des encarts et tableaux mettent en lumière certaines notions ou détails à retenir. Chaque chapitre propose également une fiche de synthèse qui regroupe les points les plus importants et qui peuvent servir de référence pour obtenir rapidement une réponse. Il n'est pas nécessaire de lire ou relire les chapitres pour comprendre ces fiches mais il est parfois bon de revoir les détails.

Le petit bonus est l'initiative d'avoir accorder le mot « joueur » au féminin dans plusieurs articles. Ce choix découle de la volonté de l'éditeur de jouer son rôle dans l'image de la communauté du JdR et sur la façon dont elle traite certains de ses membres. C'est inhabituel, ça « râpe » un peu du point de vue de certains mais c'est la raison pour laquelle il est important de le faire, selon les éditeurs.
J'ai trouvé cette idée appréciable mais j'avoue que j'ai eu un peu de mal à m'y faire.

Après le contenu, je vais m'attarder quelques lignes sur le contenant. La couverture est épaisse, très rigide, ce que je trouve pratique car j'ai tendance à transporter mes livres de JdR un peu partout dans un vieux sac à dos. C'est donc agréable de constater que la couverture est prête à supporter bon nombre de voyages.
Pour ce qui est du graphisme, je trouve la couverture sobre. Le choix du noir et blanc donne un aspect classique rehaussé par la touche de rouge du titre et la bordure « taches de peinture » de l'illustration (le seul choix graphique que je ne peux expliquer clairement).
Le papier est apparemment recyclé (ou en tout cas la qualité en rappelle la texture) mais il reste plutôt agréable au toucher. La couleur contraste avec la couverture bien blanche. Le tout m'évoque un peu le vieux manuscrit aux pages jaunies par le temps.


En résumé...

Un coup de cœur ! Je trouve que la prolifération d'informations et la présentation claire plairont aux novices qui, comme moi, ont des dizaines de questions sur le sujet. Le livre donne des conseils sur des détails auxquels je n'avais pensé jusqu'à présent (comme le choix du lieu ou l'adaptation de scénarii d'univers différents). Je suis assez contente de mon achat et je connais certains MJ débutants à qui je le recommanderai. C'est avec impatience que j'attends les deux autres ouvrages prévus, en particulier la « boite à outils du MJ ».
Cependant, je suis bien consciente que lire ce livre ne suffira pas pour faire de moi une MJ hors pair. Il reste certaines choses qui ne s'apprennent qu'avec la pratique mais ce livre est pour moi une bonne base de réflexions et de préparation.
La bonne organisation sera sans doute plus utile pour les MJ expérimentés ayant besoin de revoir une notion un moment donné, ou souhaitant s'améliorer dans un domaine précis. Par contre, je me demande si l'ensemble de l'ouvrage leur sera vraiment utile.

Citation


« Ce recueil est donc le premier paru dans la collection Sortir de l'auberge et son objectif est d'aider les lectrices et les lecteurs à prendre du recul sur leurs pratiques et à s'améliorer en tant que MJ. Loin de proposer une formule magique ou d'imposer un « one best way » de la pratique du JdR, son but est de leur fournir les clés nécessaires pour qu'ils puissent faire leurs propres choix, en toute connaissance de cause, et en ayant pleine conscience des choix créatifs qui s'offrent à eux. » (p. 9, Édition Lapin Marteau, 2016).

vendredi 20 janvier 2017

Bonne année !

Les Légendes de la Garde - David Petersen

Ça y est, la nouvelle année est là ! Le moment des bilans, des bonnes résolutions, des projets pour l'avenir, le moment pour tenter de nouvelles choses...

Bref, tout ça pour dire que ce blog est inactif depuis presque un an (bilan), que c'est le moment pour le reprendre (bonne résolution), que j'ai l'intention de me lancer dans la traduction freelance (mais ça reste un projet pour l'instant, ne nous emballons pas...mais pour les infos sur l'avancement, ça se passe ici : https://www.facebook.com/TAtraduction/)

Et, cerise sur le gâteau, par cet article, j'inaugure un nouveau sujet sur ce blog : le JDR.

Depuis bientôt deux ans, je joue au JDR sur table (jeu de rôle) ou RPG pour les anglophones (role playing game). En réalité, cela fait plus longtemps car j'ai pu faire mes armes via un site (coucou Edenya ^^) mais c'est récemment que j'ai pu découvrir cette activité IRL.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, le jeu de rôle est un jeu (of course !) où l'on suit une trame narrative imaginée et racontée par une tiers personne (le maître du jeu ou MJ). Pour cela, on a un personnage à incarner et, pour nous aider, une feuille de personnage avec ses caractéristiques physiques et mentales, ses pouvoirs (s'il en a), son histoire personnelle, un inventaire, une liste de compétences et de connaissances pour surmonter les obstacles imposés par le MJ et, si possible, réussir une mission en un seul morceau. On prend des décisions et réalise des actions avec des lancers de dés la plupart du temps pour déterminer si c'est une réussite ou un échec.

Pour en savoir plus (parce que là, j'ai la prochaine chronique sur le feu, donc pas beaucoup de temps) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_de_r%C3%B4le_sur_table


J'ai donc décidé d'ouvrir mon blog au thème du JDR et cela pour plusieurs raisons :
  • c'est une activité qui prend de plus en plus de place dans ma vie et j'avais envie d'en parler ;
  • certains univers littéraires ou de Bds ont été adaptés en JDR (Lovecraft est le premier auteur qui me vient à l'esprit mais il y en a d'autres !) et ce sera l'occasion d'en discuter ;
  • le JDR est une forme de littérature orale, on raconte littéralement une histoire fictive et beaucoup de JDR ont un univers très développé ;
  • les livres dont vous êtes le héros, une version livre du JDR.

J'espère en tout cas que ce nouveau contenu vous intéressera.
Je ne vous promets pas l'avis d'une experte, juste le point de vue d'une néophyte.

Je vous souhaite ce qu'il y a de mieux pour vous durant cette nouvelle année.

À bientôt !

dimanche 7 février 2016

Prenez le temps d'e-penser, tome 1 - Bruce Benamran

Couverture Prenez le temps d'e-penser, tome 1


Quatrième de couverture

« Vous vous interrogez sur des phénomènes simples sans retrouver dans quelle case de votre cerveau vous avez rangé ce que vous avez appris en 5ème.
Vous êtes curieux mais pas franchement scientifique, ce livre est pour vous.
Qu'est-ce que l'électricité statique ? Pourquoi un aimant aimante-t-il ? Savez-vous ce qu'est la quinte essence ? Pourquoi éteint-on les lumières dans un avion un quart d'heure avant d'atterrir de nuit ? Mendeleïev est-il le premier vrai punk de l'histoire de la Russie ? Qu'a-t-elle donc de si « générale » la relativité générale ?
Le temps est-il une illusion ? La lumière est-elle d'ondes ou de particules ?
...prenez le temps d e-penser. »


Que dire ?

Mes études ont tourné autour de la littérature, plus parce qu'il fallait faire un choix que parce que les sciences ne m'intéressaient pas. Je suis plutôt curieuse et j'aime découvrir les coulisses du fonctionnement de notre univers (j'adore ce qui touche au cerveau). Aussi, la découverte de la chaîne Youtube « E-penser » et sa démarche de vulgarisation des sciences m'a vivement intéressée car elle me rappelait d'autres chaines que je suivais déjà (Axolot, Les Revues du Monde, entre autres) ainsi qu'une vieille émission impliquant un gros camion blanc. Je suis la chaîne à présent depuis plusieurs mois, c'est avec plaisir que je me suis plongée dans ce tome 1.

J'ai eu une petite crainte concernant le contenu du livre de Bruce, non pas sur sa qualité mais sur son intérêt. Le livre serait-il une extension de la chaîne ? Y aurait-il des sujets qui ne seraient jamais abordés sur celle-ci ? Ou serait-ce une simple copie sur papier ?
Bruce, dans la vidéo de présentationde ce livre, avait précisé que ce dernier traiterait des thèmes nouveaux, qui n’apparaîtraient pas sur la chaîne. Quelques thèmes seraient en commun, sans plus. Manque de bol, quand je suis tombée sur le chapitre traitant de la chaleur, la vidéo sur ce sujet a été publiée peu de temps après. J'ai eu la vague impression que le livre offrait moins de contenus exclusifs que prévu et j'ai été un peu déçue...sentiment qui s'est vite dissipé en terminant l'ouvrage.

J'apprécie la vulgarisation scientifique, qui prend le temps d'apporter une culture qui me paraissait trop complexe ou théorique quand on me l'a enseigné en cours (plus tard, j'ai longtemps eu l'impression que les scientifiques étaient un groupe de gens isolés qui devaient se sentir supérieurs aux autres). Les mathématiques sont au cœur des sciences, certes, mais elles étaient tellement mises en avant dans mes cours que personne ne prenait le temps de nous parler des individus derrière telle ou telle découverte, ou de nous exposer les applications qu'on avait sous les yeux sans le savoir. Par exemple, je n'ai pas eu de professeur m'expliquant que le ciel était bleu à cause de la diffusion de la lumière quand on a étudié celle-ci. En somme, emmagasiner des connaissances juste pour emmagasiner des connaissances, ça ne m'intéressait pas. Si j'avais eu un professeur avec une démarche différente, je me serais peut-être lancée dans les sciences plutôt que dans la littérature.

C'est justement une démarche différente que Bruce a adopté depuis les débuts de sa chaîne et, dès les premières pages de l'ouvrage, on se retrouve en terrain connu. J'ai tout de suite eu l'impression de « lire » une de ses vidéos tant son style est oralisé. Une personne suivant sa chaîne imagine facilement les expressions, gestes et mimiques qui pourraient accompagner le texte. Les petites parenthèses se focalisant sur un détail rappellent les changements de caméra pour un aparté. Tout comme dans ses vidéos, il aime jouer avec nous pour déconstruire des idées reçues sans nous prendre pour des imbéciles. Et ça fait du bien quand on voit que la télévision s'entête à nous fournir des divertissements « moins prise de tête », avec un contenu vide de sens et d'intérêt ou des documentaires apparemment intellectuels mais qui jouent trop sur l'aspect « extraterrestre/explosion de planètes/fin du monde ».

Bruce aborde les sciences selon des thématiques et avec la logique des associations d'idées. Par exemple, on parle de la lumière - stimulus visuel - puis des sens du corps humain, puis du fait qu'on « ne touche rien » à cause de l'électromagnétisme ; ce qui ouvre le chapitre sur l'électromagnétisme qui est une des quatre interactions qui décrivent les lois de la physique, donc on aborde les trois autres, dont la gravitation ; donc on aborde le système solaire, donc...je n'irai pas plus loin, je pense que vous avez compris l'idée ^^

Le dosage humoristique est bon dans l'ensemble, sauf certains passages où cela m'a fait perdre le fil. Il y a des paragraphes entiers que j'ai dû relire plusieurs fois avant de comprendre. Pour d''autres, j'ai préféré les passer pour y revenir plus tard. Et c'est là qu'on arrive à la « limite » du livre. Je mets « limite » entre guillemets car Bruce n'est pas responsable de ce souci : certains thèmes, même sous la lumière de la vulgarisation, sont difficiles à comprendre pour une personne n'ayant pas étudié les sciences en profondeur. Heureusement, ces passages restent rares et n'ont pas gâché la lecture.


Bref !

Coup de cœur ! Je suis arrivée assez vite à la fin du livre et j'attends le suivant avec impatience, surtout que certains thèmes annoncés par Bruce m'intéressent beaucoup.
Par contre, je serais curieuse de voir ce qu'en pense une personne ne connaissant pas le travail de Bruce et qui découvrirait le livre sans introduction. Est-il abordable ? Cela plait-il aux individus ayant une formation scientifique ?


Une citation
(là, je reprends celle que Minidou a choisi pour sa chronique car elle m'a également beaucoup plu, en partie parce que cela fait écho à Alexandre Astier quand il dit, dans son sketch sur la physique quantique, que « nous sommes les enfants du silence éternel des espaces infinis. »)

« Tout ce qui compose le lecteur que vous êtes, mais également ce livre, l'air que vous respirez,  tout ceci est composé de Carbone, d'Oxygène, de Fer, de Plomb, de Magnésium, de Calcium, d'Uranium, de Soufre, de Cobalt, etc. Tous ces éléments sont uniquement l'héritage de générations entières d'étoiles mortes. Nous sommes tous des poussières d'étoile. » (p. 124, éditions Marabout, 2015).

jeudi 4 février 2016

Le Maitre ou le tournoi de go - Yasunari Kawabata


Synopsis

1938. Shusai, dernier maître de Go, invaincu mais âgé et miné par la maladie, s'engage dans son dernier combat. Son adversaire, Otaké, pratique un jeu agressif, efficace et brillant. La partie dont l'issue est inéluctable va durer six mois... (extrait du synopsis de Livraddict).


Que dire ?

Étant une joueuse de go depuis quelques années, j'en suis venue à chercher des ouvrages sur le sujet, au niveau technique de jeu. Par hasard, je suis tombée sur ce roman assez court où un tournoi y est décrit. Ce roman se base sur un fait historique, seuls les noms ont été changés.
Le jeu de go est un jeu de stratégie et de réflexion, comme les échecs, basé sur la construction de territoires. 

L'idée d'un roman sur un tel jeu peut paraître ennuyeuse au premier abord. Cependant, on remarque vite que la partie n'est pas centrale même si le kifu (diagramme enregistrant tous les coups joués) est incorporé dans le roman. La défaite et la mort du Maître, toutes deux annoncées dès les premières lignes, nous poussent à faire un parallèle. La défaite ne fait que représenter la santé défaillante du maître et son déclin tout le long de la partie. Ce sont ces deux annonces qui m'ont poussée à m'intéresser de près au Maître, pour cerner au mieux ce personnage condamné à disparaître, tout comme le narrateur, un journaliste, se concentre sur le Maître pour exprimer le respect qu'il a pour ce protagoniste.

Le tournoi a également un autre intérêt, encore plus grand : ce ne sont pas de simples joueurs qui s'affrontent, il s'agit d'un très grand joueur – si ce n'est le meilleur – face à Otaké, un jeune joueur qui tente de lui prendre son titre. Heureusement, le narrateur n'est pas un expert en go. Il prend donc beaucoup de temps pour décrire l'attitude des joueurs, ainsi que l'atmosphère qui entoure le tournoi, les lieux où la partie se joue. Celui-ci dure six mois, c'est donc une vraie guerre des nerfs, une guerre entre deux générations. Il y a donc la jeunesse face à l'expérience, l'impatience face au calme, la nouveauté face à la tradition. Deux jeux bien distincts se confrontent : l'un est vif et agressif, l'autre est lent et posé.

Le Maître a le rôle du vieillard luttant pour rester en vie, du moins au début. Malgré les problèmes de santé, le Maître est montré comme un personnage têtu, décidé à faire face, faisant preuve d'une obsession pour le jeu plus forte que son envie de vivre. Malgré sa défaite et sa mort par la suite, le Maître est pour moi le vrai vainqueur de ce tournoi car il est parvenu à aller au delà de ses limites. Même si sa maladie le rattrape par la suite, sa patience, son courage et sa ténacité font de lui un personnage fort.
Face à lui, Otaké est dans une position délicate, lui aussi a droit à son combat intérieur. La santé du Maître lui fait peur, il craint d'être accusé d'avoir gagné facilement et, en même temps, il souhaite ménager le vieil homme pour lui permettre de finir la partie. L'un comme l'autre sont peu à peu mis à nu, avec leurs qualités et leurs défauts.


Bref !

Sympathique. J'ai beaucoup aimé la psychologie des personnages qui se ressentait dans la partie. Les deux joueurs luttent entre eux et contre eux-même, tout le long du tournoi. En tant que joueuse, je sais que le mental a une part importante dans un jeu de réflexion et ce roman en est une parfaite illustration.


Une citation

« La plupart des professionnels du Go aiment aussi d'autres jeux, mais la passion du Maître présentait un caractère particulier : l'incapacité de jouer tranquillement, en laissant les choses suivre leur cours. Sa patience, son endurance s'avéraient infinies. Il jouait jour et nuit, pris par une obsession qui devenait troublante. Il s'agissait peut-être moins de dissiper des idées noires ou de charmer son ennui que d'une sorte d'abandon total au démon du jeu. » (p. 97, édition Livre de Poche, 1975).


vendredi 12 juin 2015

Méditer en pleine conscience - Dr Michael Sinclair et Josie Seydel

 


Quatrième de couverture

Plénitude, efficacité et sérénité : oui, la médiation peut changer votre vie ! Anxieux ? Stressé ? Déprimé ? Dans un monde où tout va trop vite et où les individus sont constamment projetés dans l'action, la méditation de pleine conscience (ou mindfulness) permet de se recentrer sur l'instant présent. Véritable outil thérapeutique et antistress, ce petit guide vous propose des exercices simples et concrets à pratiquer partout pour alléger immédiatement votre stress, accroître votre confiance en vous, retrouver votre concentration, votre énergie et votre créativité !


Que dire ?

Ce livre se compose d'une introduction, de 17 chapitres et d'un index des différents exercices que le livre propose. Le tout fait environ 300 pages, au format A5.
Perso, je pense qu'on peut diviser le livre en trois parties.

La première partie (chapitres 1 au 6) part d'une constatation simple mais dont on n'est pas forcément conscient : notre société nous pousse à être toujours en action, les nouvelles technologies nous permettent de gagner du temps pour en faire toujours plus. De plus, la compétition qui s'insinue dans beaucoup de domaines, nous pousse à toujours plus de performance, de réussites, de polyvalence, etc.
En somme, on nous demande d'être des super-héros capables de tout faire tout le temps...et on est persuadé d'y parvenir ! Or, évidemment, on échoue parfois et chaque échec nous démoralise au plus au point.

Les auteurs nous expliquent aussi que, bien souvent, notre stress nous vient aussi de notre incapacité à rester dans le présent, ce qui est source de stress.
En somme, notre corps est au présent, notre esprit est au passé ou au futur. Nos pensées ne cessent d'aller de l'un à l'autre pour réfléchir à nos erreurs passées ou à celles qu'on pense faire un jour, de nos précédents échecs ou de ceux qui nous attendent, de nos bons moments passés ou ceux qui arrivent, etc. Aussi, cette tendance à laisser vagabonder notre esprit partout, sauf dans le présent, nous donne l'impression d'être toujours sous pression, d'être débordé, de ne pas avoir une seconde à nous, ni assez de temps pour tout faire. Bien souvent, on prend un quart d'heure à se dire qu'on est débordé alors que ce temps pourrait être utilité à bon escient !
Même lors d'une pause café au boulot, on repense à ce qu'on a fait avant ou au travail qui nous attend encore, on réfléchit au temps que ça risque de nous prendre et on se morfond sur notre potentielle incapacité de finir dans les délais.
Aussi, nous sommes nous-même responsables de notre stress et non pas cet imbécile qui ne roule pas assez vite sur l'autoroute et qui risque de nous mettre en retard !

Une fois que tout ceci est expliqué, les auteurs prennent quelques chapitres pour répondre aux craintes potentielles des lecteurs, comme « je suis trop occupé pour méditer » « la méditation, c'est pour les moines tibétains », « la méditation, c'est donc la solution à tous mes problèmes ? », etc.
Ils nous expliquent qu'il ne faut pas s'attendre à ce que la méditation de pleine conscience change votre vie de tout au tout. Ce n'est pas LA solution à tous les problèmes, ça ne guérit pas toutes les maladies, ni la dépression (ça peut être un support, tout au plus). Il s'agit surtout d'être dans l'être et non dans l'action. C'est un mode de pensées très différent de ce qu'on nous apprend actuellement.
La méditation, tout le monde peut la pratiquer, c'est quelque chose d'inné, c'est juste un manque de pratique. Ça ne prend pas beaucoup de temps et ce n'est pas rester sans rien faire : au contraire, c'est apprendre à se recentrer pour être plus lucide et efficace.
D'ailleurs, en parlant de solutions, les auteurs nous expliquent également qu'on a tendance à toujours chercher des solutions à tout, espérant éviter le plus possibles les événements ou émotions négatives, ne cherchant que les bons moments...alors que, paradoxalement, on est incapables de les apprécier au moment où on y est (on préfère regarder sa montre et penser au temps qu'il reste avant que ce bon moment ne se termine). Ex : les vacances, un weekend entre amis...qui ne s'est jamais dit « Oh non, et dire que je travaille demain ! » ?
Cette volonté de toujours trouver des solutions, en lien avec notre tendance à vouloir jouer aux super-héros, nous empêche de rester ancré dans le présent.

La deuxième partie (chapitre 7 à 13) se résume par « accepter pleinement ses émotions difficiles » (un des chapitres a ce titre, un défaut du livre je trouve). On nous y explique que les émotions, négatives ou positives, brouillent notre façon de voir les choses. On pense souvent qu'il faut se débarrasser des émotions négatives pour ne garder que les positives. Mais les émotions ne sont pas des problèmes à résoudre, ce ne sont que des états. Il est impossible de s'en débarrasser. Pourtant, on se force à les repousser, on essaie de positiver ou alors, on reste tout le temps actif pour ne pas y penser (là, on se rend compte que l'hyper-activité vient également de là). On est persuadé que quelque chose ne va pas et qu'il faut trouver une solution (toujours cette idée de « super-héros »).
Les différents chapitres se focalisent sur telle ou telle émotion et essaie de donner des pistes sur comment les décrypter, en trouver la source, comprendre ce qu'elles cachent et les accepter.

La troisième partie (chapitre 14 à 17) donne quelques directives à appliquer de manière générale. C'est en quelque sorte une conclusion. Ce ne sont plus des exemples donnés en fonction de telle ou telle situation, c'est plutôt la philosophie liée à la méditation de pleine conscience en général. On nous apprend comment profiter aux mieux des moments présents (laisser tomber sa montre, ne pas vouloir tout planifier, en somme, essayer de se défaire des mauvaises habitudes décrites dans les chapitres précédents). On nous explique également comment utiliser la méditation pour (re)découvrir les émotions positives : s'aimer, faire preuve de gratitude pour les petites choses de la vies, faire preuve de compassion, etc.
Pour finir, le livre donne un dernier conseil qui est de ne pas baisser les bras. On nous y explique que la pleine conscience nous apprend à voir les événements comme ils sont. Les mauvais ne sont qu'une mauvaise passe et la pleine conscience nous apprend à mieux les appréhender ; les bons sont certes courts et ont toujours une fin mais il y a bien d'autres occasions d'en avoir d'autres. Il suffit juste d'y être plus attentif.
Je pense que ce conseil s'applique aussi à la pratique de la pleine conscience. Pour les gens qui veulent des résultats tout de suite, il est possible qu'ils soient déçus car, par manque de pratique, il est possible que cela n'apporte pas les effets souhaités. Comme les auteurs le disent, la méditation est une chose à pratiquer au quotidien et non pas au moment où tout semble aller mal.


Bref !

Sympathique.
300 pages, ça semble trop pour parler de la peine conscience mais :
1 – il y a plusieurs exercices par chapitre, ça prend beaucoup de place car les auteurs prennent le temps d'expliquer dans quel état d'esprit il faut pratiquer ces exercices et, ensuite, posent une série de questions pour nous faire conscience des effets des exercices.
2 – pour les gens qui n'ont jamais entendu parler de ça, je pense qu'il est bon d'expliquer en détails et de donner plusieurs exemples pour être sûr d'intégrer quelque chose qui, pour certains, ne vient pas naturellement. 
Cependant, il est vrai que par moments, je trouve qu'il y a un peu trop de description sur ce qu'on est supposé faire ou ressentir lors des exercices. Après tout, n'est-ce pas un livre qui nous dit d'être, tout simplement ?

Je pense donc que ce livre est pour les néophytes. C'est une bonne base, ça ne vend pas du rêve inutilement (du genre : LA solution pour être heureux pour toujours !). De plus, son petit format permet de l'emmener partout et de le feuilleter dès qu'on a  cinq minutes (salle d'attente, aux toilettes, etc).
Je dirais aussi que ce livre est pour les gens (qui se sentent) toujours débordés. Ce livre, dès les premières pages, vise surtout les gens qui se mettent constamment sous pression, à cause du boulot ou autre. Si vous n'êtes pas du genre à vouloir tout réussir tout le temps, si vous ne vous sentez pas sous pression et que vous n'avez pas sans cesse l'impression que vous êtes toujours débordé ou en retard, passez votre chemin, je pense que ce n'est pas pour vous.

Je pense d'ailleurs que c'est la raison pour laquelle je me suis ennuyée dans certains passages car les auteurs expliquaient certaines choses dont j'étais déjà consciente ou que j'appliquais déjà dans un travail sur moi-même.


Une citation

« Nous nous acharnons à réussir dans tous les domaines, tout en essayant d'accéder au calme, à la paix, à la sérénité et au bonheur par tous les moyens (y compris en cochant toutes les cases d'une interminable liste de choses à faire). Pensez-vous vraiment que de tels sommets soient accessibles et, surtout, qu'on puisse y parvenir indéfiniment ? » (p.40, Éditions Larousse, Les Petits Essentiels, 2015).

lundi 9 mars 2015

Maliki, tome 1 : L'autre fille dans le miroir - Souillon


Quatrième de couverture

Maliki est une jeune fille de 13 ans, qui se sent différente des autres. Et à juste titre. Avec ses cheveux roses et ses oreilles pointues, elle est aussi plus mature et lucide que ses camarades. Jeune collégienne, Maliki traine un lourd secret. Son corps sert d'abri à une créature surnaturelle nommée Lady : fusion de l'esprit de son défunt chat et de l'esprit de Maliki, cette fille féline, s'éveille doucement et aimerait bien sortir et découvrir le monde... Maliki doit apprendre à contrôler cette présence fascinante et inquiétante à la fois, ainsi que les étranges pouvoirs qu'elle lui confère. Enquête aux sources de cette métamorphose; quotidien d'une collégienne et difficulté à trouver sa place quand on décide de ne pas rentrer dans un moule - premiers amours et super pouvoirs : la vie de Maliki est bien remplie et pleine de mystères.


Que dire ?

Ce roman m'a été offert par un très bon ami, qui a risqué sa vie pour obtenir ce roman dédicacé par l'auteur, à Angoulême. J'ai donc eu droit à un petit mot d'amour de Souillon et une carte à collectionner (qui me sert de marque-page à ce roman, d'ailleurs). En temps normal, Souillon est un auteur de BDs et c'est à travers ses webcomics que j'ai découvert le personnage de Maliki. Je me suis vite attachée à elle, à cause de son caractère, de l'univers, du style dynamique.

Mais, revenons-en au roman. La lecture de ce dernier a été très rapide, je l'ai quasiment fini lors d'une nuit d'insomnie. J'étais même surprise, cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman aussi vite !
L'histoire de Maliki, jeune fille de 13 ans aux cheveux roses et aux oreilles pointues, m'a énormément plu. J'avoue être partie avec une certaine appréhension car j'avais peur que ce ne soit un roman pour les fans, bourré de références à l'univers riche de Maliki. Je fus vite rassurée de voir que ce n'était pas le cas, je pense même qu'une personne qui ne connait pas cet univers peut très bien lire le roman sans être perdu et peut passer un très bon moment. En effet, on a droit à une introduction, à travers le journal de la jeune fille, qui pose le décor, son caractère plus mature que ses camarades, ses soucis de collégienne et la découverte d'une entité qui vit en elle. Puis, on la suit dans sa quête pour comprendre ce qu'est cette entité et ce qu'il faut en d faire : s'en débarrasser ou cohabiter ?
En y repensant, connaître déjà l'histoire de Maliki via le wabcomic gâche un peu le suspens, mais c'est tout de même agréable de découvrir la façon dont l'auteur présente les événements mais aussi comment il prépare le roman suivant en glissant des indices ici et là.

Ce qui est intéressant également, c'est que la découverte des pouvoirs de la jeune fille est en parallèle avec ses préoccupations d'adolescente : les amours, les brimades à cause de sa différence, ses difficultés à vivre le divorce de ses parents, etc. Lady, la créature qui vit en elle, est en quelque sorte une représentation de sa personnalité qui s'affirme et qui, enfin, peut vivre au grand jour. C'est aussi, je pense, une façon de représenter tout ce qui peut se bousculer dans la tête d'une adolescente et qui ne demande qu'à sortir. Rien ne va se faire sans mal, malheureusement, car Maliki va devoir vivre quelques désillusions mais c'est ce qui va lui permettre de s'imposer, de savoir enfin qui elle est et de réussir à avancer.

Maliki est une ado « ordinaire », en dehors de son pouvoir. Elle a ses qualités mais aussi ses défauts, cache des choses à sa mère, a bien des questions et des soucis en tête.
En dehors de Maliki, j'ai trouvé les autres personnages assez sympathiques et bien construits. J'ai pris plaisir à les découvrir car, à part deux d'entre eux, aucun n'apparait dans le webcomic de Souillon. Et pour ceux qui apparaissent, c'est la possibilité d'en savoir un peu plus.
Certains d'entre eux permettent de représenter des classes sociales plus pauvres, plongeant Maliki dans la réalité de la vie et d'autres la confrontent aux aspects les plus moches de l'être humain (esprit de compétition poussé à l'extrême).

Le seul bémol, je trouve, est le côté parfois « forcé » de l'utilisation du journal intime pour raconter l'histoire, comme la fois où Maliki est perdue au milieu d'un bois et se met à écrire dans son journal pour relater les événements qui ont précédé.


Bref !

Un coup de cœur ! Je pense que la vitesse à laquelle je l'ai lu en est témoin. Je n'ai pas décroché du roman tant que je ne l'avais pas fini et j'attends le roman suivant avec impatience.
Je me suis beaucoup identifié au personnage principal et à son parcours d'adolescente.


Une citation

« Depuis qu'elle était « possédée », Maliki avait remarqué qu'elle devait manger plus pour être en forme toute la journée. Sa mère disait que c'était normal, à l'adolescence, d'avoir des besoins plus importants en énergie mais Maliki était certaine qu'avec tout ce qu'elle engloutissait, elle aurait déjà dû ressembler à un hippopotame. Il ne pouvait s'agir que d'une seconde personne qui consommait le surplus de nourriture, comme un parasite » (Maliki, tome1, édition Bayard, p.25).


Pour aller plus loin 

mardi 20 janvier 2015

Le Monde de Titus, tome 2 : Drulls et dralas - Koulou



Synopsis

Titus, ses amis et le reste de leur peuple se retrouvent sur un continent inconnu. Ce dernier, comme le sous-entend la fin du tome précédent, n'est pas désert. Nos héros font la connaissance de trois nouveaux peuples. Des relations pacifiques vont se créer, d'autres vont être plus mouvementées. En effet, une guerre éclate. En parallèle, Titus va devoir faire face à un ennemi particulier, un Borgoz, une ombre physique qui s'en prend à lui et qui semble avoir un lien avec sa capacité nouvelle à voir les drulls et dralas.


Que dire ?

Le Monde de Titus s'étoffe beaucoup. Des nouvelles rencontres, de nouveaux dangers. Le ton est un peu plus grave par moment également. Les Snogards prennent en maturité comme un enfant qui, une fois sorti de l'enfance, apprend à faire face aux difficultés de la vie.
En effet, le tome 1 montrait le peuple snogard comme un peuple peu avancé sur l'échelle technologique, un peu comme en préhistoire. Ils ne se nourrissaient que de viande ou presque, ne se déplaçaient qu'à pied, etc, tandis que le tome 2 est l'occasion de faire des découvertes et d'en profiter pour "apprendre un tas de trucs nouveaux" comme dit Cyrius.

La première rencontre qu'ils vont faire dans ce deuxième tome, les Héllénides, va apporter un souffle nouveau dans leur mode de vie avec l'agriculture, l'équitation, le culte des drulls et dralas. Elles vont également secouer leurs mœurs car leur société est matriarcale, ce sont les femmes qui dominent ! Les personnages masculins principaux vont se retrouver face à ce que Maya subit depuis sa naissance et vont donc comprendre un peu mieux ce que leur amie ressent. Ils vont alors, avec les lecteurs, prendre conscience de l'ampleur du phénomène.
Cependant, les Héllénides ne sont pas un peuple idéal pour autant car les hommes sont dominés et traités en inférieurs. La rencontre entre les Snogards et les Héllénides va sans doute permettre aux deux camps de rééquilibrer leurs relations homme-femme. Le tome 2 est donc la suite et un complément d'une réflexion qui avait déjà débuté dans le tome 1.

En dehors de ça, les Héllénides sont très proches des divinités. D'ailleurs, le titre du tome 2 donne le ton : « Drulls et dralas » indique qu'il va être plus penché sur le domaine spirituel. Les divinités ont alors une grande place dans ce tome, je les ai vues comme des représentants directs de la nature mais aussi de la vie en général. Il faut savoir lâcher prise, être ouvert à ce qui nous entoure pour pouvoir les voir mais aussi mieux profiter de la vie qui passe, des petites choses qui vont et viennent. Il ne faut pas se laisser guider par son esprit qui cherche toujours à rationaliser. Réfléchir trop semble faire perdre l'aspect magique de la vie. Les drulls et dralas sont des divinités qui existent bel et bien, il n'y a donc aucune trace de foi quelconque. Il faut juste réussir à taire son esprit pour les voir et pouvoir cohabiter avec elles.

Les autres peuples présents sur l'île sont moins pacifiques. Alors que le tome 1 présentait un "ennemi invisible" (une catastrophe naturelle), le tome 2 introduit des ennemis plus tangibles et aux conséquences plus graves. En effet, le tremblement de terre n'a pas fait de blessés mais la guerre n'est pas aussi clémente.

En somme, le tome 1, de part l'isolation du peuple snogard, tournait surtout autour des rapports de l'homme avec la nature, ce qu'elle peut donner mais surtout, ce qu'elle peut reprendre et qu'il ne faut pas considérer comme acquis.
Le tome 2 est une transition et une réflexion sur l'homme face à la différence chez l'autre. Le peuple snogard est un peuple immigré et l'histoire nous montre un peu les différents accueils qu'il peut recevoir, amical ou gréguerre. Il nous montre ce vers quoi l'intolérance peut mener : la violence, la guerre, la mort. A savoir que, pendant une guerre, même si l'on gagne, on perd malgré tout car il y a des blessés, des mots mais aussi des gens profondément marqués par l'horreur de ce qu'ils ont vécu.


Bref !

Un nouveau coup de cœur. J'ai retrouvé avec plaisir l'univers de Titus. J'ai bien aimé les dinosaures et les nouveaux décors qui viennent agrandir la faune et la flore.
Ce tome met en lumière le cheminement des personnages vers la libération de ce qu'il a de plus nocif dans une société : l'envie de domination, de vengeance, la colère, la guerre, le tout guidé par l'égo. On y voit alors clairement la philosophie de l'auteur, telle qu'il l'avait déjà entamée dans le premier tome. Les personnages évoluent avec les nouveaux peuples, en bien ou en mal, mais il y a toujours un enseignement à tirer. Le changement que les personnages voulaient dans le tome 1 est en marche.


Une citation

Titus (à un drull) : « Mais c'est pas logique, je...
Le drull : Pas logique ? Heureusement encore ! Tu crois vraiment que j'existerais si tout était logique ? » (tome 2, p. 37).


Pour aller plus loin