vendredi 4 octobre 2013

Le Cavalier du dragon - Cornelia Funke



Quatrième de couverture

L'heure est grave au pays des dragons argentés :les hommes menacent d'envahir leur vallée. Il faut fuir... Mais où ? Une ancienne légende parle d'un lieu, à la " lisière du ciel ", entouré de montagnes si hautes qu'elles atteignent le ciel : là, les dragons trouveraient refuge pour toujours. Aucun dragon ne veut y croire... sauf un, Long, le plus jeune de tous les dragons argentés. Et Long part. Seul ? Pas vraiment. Fleur-de-Soufre, une jeune kobolde très rusée, mais très têtue, décide qu'il ne peut pas se passer d'elle ! Il ne seront pas trop de deux durant ce dangereux périple, surtout pour affronter Ortimore, le terrible dragon doré qui a juré la perte de Long et de tous les siens. 


Que dire ?

Quand j'ai commencé à lire, j'ai eu l'impression de connaitre déjà la moitié de l'histoire avant même d'avoir lu. En effet, une bonne partie de l'intrigue est révélée par la quatrième de couverture. Ce n'est qu'à la 90e pages que l'existence d'Ortimore est clairement révélée. Alors que c'est censé être un moment important (les humains ne sont plus l'ennemi n°1), cela nous est dit d'entrée de jeu.
Mais plus tard, j'avoue avoir été surprise de plusieurs façons : la vraie nature d'Ortimore, ses motivations, les différentes créatures peuplant l'histoire...

C'est la deuxième fois que je me plonge dans un univers de Cornelia Funke. Avant ça, j'ai lu deux tomes de la trilogie d'Encre (Cœur d'encre et Sang d'encre, publiés respectivement en 2003 et 2005, traduits en 2004 et 2009), Le cavalier du dragon ayant été publié bien avant mais traduit au milieu de la trilogie (publié en 1997, traduit en 2005).

Je n'ai pas été déçue par l'univers : les nains de roche capables d'entendre les pierres « chanter », les dragons se nourrissant exclusivement de la lumière de la lune, les rats qui parlent et qui conduisent des avions miniatures ou dessinent des cartes, les elfes qu'il faut combattre en faisant des allitérations, etc. On va de découverte en découverte, comme si presque tous les personnages étaient des créatures fabuleuses. Les seuls humains au premier plan sont un petit garçon orphelin qui semble avoir un destin et un professeur farfelu très intéressé par les créatures fantastiques. Ce dernier les étudie avec attention avec sa femme et sa fille, mais ces dernières n'apparaissent qu'à la fin du livre. L'univers est donc clairement dominé par les êtres fantastiques, ce qui n'est pas pour me déplaire !

Le duo humain/dragon est quelque chose que j'avais déjà expérimenté avec Eragon de Christopher Paolini. Les deux livres ont un personnage éponyme qui se lie d'amitié avec un dragon, chacun ayant un destin assez extraordinaire mais j'ai trouvé quelque chose de différent ici.
Déjà, Le cavalier du dragon devrait s'appeler Les Cavaliers du dragon car ils sont plusieurs à chevaucher l'animal à écailles. De plus, Ben, censé être le cavalier, n'est pas montré comme le héros accomplissant une prophétie mais plutôt comme le signe qu'une prophétie est sur le point de s'accomplir. Fleur-de-souffre, Fil-de-fer, le professeur Dupré... C'est toute une équipe qui accompagne le dragon et ce sont leurs forces cumulées qui permettent d'en venir à bout des épreuves qui s'accumulent.
Le ton est bien plus léger avec Le Cavalier du dragon. Il n'y a pas de morts, pas de grande guerre sanglante. Il y a beaucoup d'humour, surtout avec Fleur-de-souffre qui passe son temps à ronchonner ou à manger des champignons de toutes sortes (un bon moyen pour une leçon de mycologie). Même le méchant a parfois l'air ridicule en ayant un serviteur qui le bichonne en permanence.
Autre élément important : l'histoire tourne autour de la survie des dragons et non pas celle des humains. Ces derniers sont même décrits assez négativement au début du roman, comme des êtres sans cesse à la recherche de nouvelles conquêtes, jamais satisfaits, toujours désireux de posséder toute chose qui leur passe sous la main. Ce portrait, certes vrai, est rapidement nuancé par le personnage de Ben et le professeur Dupré. Petit garçon innocent, sans parent, Ben n'hésite pas à venir en aide au dragon alors que c'est la première fois qu'il le voit. Le fait que ce soit un enfant joue beaucoup, car n'étant pas encore adulte, il est difficile de le confondre avec les hommes cités plus tôt. Il représente un peu l'avenir, la promesse de relations moins tendues entre les dragons et ses congénères. D'autres hommes se montrent également ouverts et aimants envers les dragons, mais ils viennent d'autres contrées, plus orientales. Les croyances autour des dragons font partie de leur culture. Si bien que j'ai eu l'impression que c'est notre culture occidentale qui était visée, peut-être pour son manque de tolérance.


Bref !

Sympathique. J'ai beaucoup aimé ce livre pour son univers mais cela ne fait pas de lui un coup de cœur car il reste pour les jeunes enfants, je pense. Les évènements semblent parfois trop faciles, chaque obstacle est surmonté rapidement et vite oublié. Ça m'a fait l'impression d'un conte pour enfants. Sympathique à lire, mais sans plus.


Une citation

« Tu as déjà été toi-même chez les humains. Il n'y a rien qu'ils n'aiment pas. Rien qu'ils ne veuillent avoir. Tu l'as oublié ?
- C'est bon, c'est bon (…). Tu as raison. Ils sont avides, ils veulent toujours tout pour eux (…). Les hommes savent faire des choses merveilleuses. Et des choses effroyables » (p.11-17, édition Hachette Jeunesse).

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